Κυριακή, 10 Μαρτίου 2013

Isabelle Eberhardt








"While very young I was seized by the world’s existence and I wanted to know it to its limits. I wasn’t made to whirl through intrigues wearing satin blinders. I didn’t construct for myself an ideal; I went for discovery. I’m quite aware that this way of life is dangerous, but the moment of danger is also the moment of hope. Besides, I have been penetrated by this idea: that one can never fall lower than oneself."






Isabelle Eberhardt (17 February 1877 – 21 October 1904) was a Swiss explorer and writer who lived and travelled extensively in North Africa. For her time she was a liberated individual who rejected conventional European morality in favour of her own path and that of Islam. She died in a flash flood in the desert at the age of 27.
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Writing

Isabelle wrote on her travels in many books and French newspapers, including Nouvelles Algériennes ("Algerian Short Stories") (1905), Dans l'Ombre Chaude de l'Islam ("In the Warm Shadow of Islam") (1906), and Les journaliers ("The Day Laborers") (1922). She started working as a war reporter in the South of Oran in 1903.

In culture

Eberhardt was portrayed by Matilda May in the 1991 film Isabelle Eberhardt, which co-starred Peter O'Toole as a French colonial officer.
On 24 February 2012, an opera composed by Missy Mazzoli, Song from the Uproar: The Lives and Deaths of Isabelle Eberhardt, premiered in New York City.
Isabelle Eberhardt is mentioned in Jolie Holland's song "Old Fashioned Morphine", which is on her second album, Escondida.
http://en.wikipedia.org/wiki/Isabelle_Eberhardt


On her first trip to Algeria in 1897 Eberhardt adopted male dress so that she could move about without a chaperone, a practice not unknown among young, unmarried females in the region at that time. After her definitive move in 1899, Eberhardt discovered that it gave her much more sexual license as well.


Despite her numerous lovers, her drinking and hash-smoking, Eberhardt converted to Islam, and was in time received into a Sufi order. With shaved head and still dressed as a man she adopted a male persona, Si Mahmoud. But outside of the cities Eberhardt’s attire provoked suspicion and on one occasion murderous rage, when a fanatical assailant attempted to kill her. When asked during the subsequent trial why she persisted in dressing as a man, Eberhardt answered simply “it is practical for riding.”
Eberhardt was an enemy to all conformity, and her longing for the “Orient” went beyond mere hunger for exoticism. Her wild rides into the limitless desert were a desperate flight from all compass points and a frenzied embrace of nothingness.

http://strangeflowers.wordpress.com





Isabelle Eberhardt a été subjuguée par El Oued
Elle y a séjourné en 1901
«Tout d’abord, El-Oued me fut une révélation de beauté visuelle et de mystère profond, la prise de possession de mon être errant et inquiet, par un aspect de la terre que je n’avais pas soupçonné. » Isabelle Eberhardt
Née à Genève de père inconnu, déclarée illégitime à la naissance, Isabelle n’en sera pas moins élevée dans une famille aristocrate. Mais elle quittera cette vie de faste, fuira ce matérialisme douillet pour découvrir un pays, un désert, une culture, une religion et un peuple qui vont l’imprégner tout au long de son existence et de ses écrits.
Eprise de liberté, Isabelle Eberhardt mènera une vie de nomade, voyageant d’une ville à l’autre dans toute l’Afrique du Nord, revêtue de son identité préférée – elle en prendra plusieurs –, celle de Mahmoud Saâdi. Ainsi cachée sous ces costumes masculins, elle peut entrer dans tous les lieux où les femmes ne sont pas admises, ce qui facilite aussi son travail de journaliste. D’un autre côté, sa vie peu conventionnelle éveille rapidement la suspicion de certains colons français qui se mettent à la surveiller.
Isabelle tombe amoureuse de Slimane Ehni, un spahi indigène qui deviendra son mari. La rencontre des deux jeunes gens aura lieu à El Oued, une région à laquelle elle vouera une grande fascination. De nombreux textes survivront à la mort tragique de leur auteur, témoignant ainsi de son amour incommensurable pour le désert.
Dans Au pays des sables, elle évoque avec beaucoup de poésie la région du Souf.
Elle écrit :
«Il est des heures à part, des instants mystérieusement privilégiés où certaines contrées nous révèlent, en une intuition subite, leur âme, en quelque sorte leur essence propre (…) Ainsi, ma première arrivée à El Oued, il y a deux ans, fut pour moi une révélation complète, définitive de ce pays âpre et splendide qui est le Souf, de sa beauté particulière, de son immense tristesse aussi.»
Isabelle qui découvre El Oued Souf en 1899, s’y installe en 1901.
«Je suis à El-Oued depuis le 2 août dernier et je ne prévois nullement la fin de ce séjour. Au contraire, il a l’air de prendre des allures de plus en plus définitives. Je pourrai attacher définitivement mon existence à cette oasis qui m’est devenue familière et chère. Je vais de temps en temps à la zaouïa d’Amiche ou à Guemmar», écrit-elle encore.
Dans un texte intitulé Isabelle Eberhardt, Isabelle l’Algérien, l’écrivaine franco-algérienne Leïla Sebbar note à propos de la fascination de la jeune femme pour le Souf : «Elle continue à parler de la petite maison en tob à l’ombre des dattiers, son rêve de vagabonde, possédée par la beauté d’El Oued, son lieu de prédilection. El-Oued est le roman d’amour, l’illusion de roman familial d’Isabelle. El-Oued, au sud-est de l’Algérie, la ville idéale, contient à elle seule tous les désirs d’Isabelle. El Oued, le Souf, représentent définitivement tous les paysages, parcourus dans le sud, aimés ; écrits, décrits, inscrits pour l’éternité sur la page qui sera sa postérité. Isabelle qui écrit ses journaliers au masculin, retrouve le féminin pour El Oued dans le Souf, le lieu natal d’élection».
Isabelle, la musulmane
Alors qu’elle menait une vie trépidante, Isabelle trouvera sérénité et paix au Sahara. C’est dans l’immensité du désert et dans le silence des dunes, qu’elle sera touchée par la religion.
Elle dit :
«Pendant longtemps, j’allais à la mosquée en dilettante, presque impie, en esthète avide de sensations…Et pourtant, dès les commencements extrêmes de ma vie arabe, la splendeur incomparable du Dieu et de l’islam m’éblouit…Un soir d’été en entendant la voix du mueddin, je sentis une exaltation sans nom emporter mon âme vers les régions ignorées de l’extase…Pour la première fois, je murmurais avec leur foi inébranlable Allahou Akbar…j’allais me prosterner dans la poussière…je n’étais plus seule en face de la splendeur triste des mondes.»



C’est à la zaouïa Qadiriya qu’elle fait son initiation et qu’elle accomplira sa profession de foi. Membre de cette confrérie religieuse, elle accompagnera même le 29 janvier 1901, son chef religieux, Si El Hachemi, dans son déplacement en Tunisie où il doit officier un service funèbre. Arrivés au village de Béhima, situé à une vingtaine de kilomètres d’El Oued, ils feront halte chez un riche commerçant : Si Brahim ben Larbi. Là, alors qu’Isabelle Eberhardt est aux côtés de son hôte, un homme armé d’un sabre attentera à sa vie. Elle sera blessée au bras et l’assaillant, appartenant à la confrérie des Tidjania, sera arrêté. Restée à Béhima, la jeune femme sera conduite le lendemain à El Oued où elle sera opérée à l’hôpital militaire, d’ordinaire réservé aux soldats. L’affaire passera en justice et c’est suite à cet incident qu’Isabelle sera expulsée d’Algérie. Elle n’y reviendra qu’après son mariage avec Slimane Ehni. Elle mourra trois ans plus tard, le 21 octobre 1904, à l’âge de 27 ans, dans la crue de l’oued à Aïn Sefra. Elle y repose désormais en paix.
Par Hassina AMROUNI
Publié le 27 déc 2012




"Depuis que je suis ici, dans le calme assoupissant de cette vie que le hasard, ou plutôt la destinée ont subitement mise sur mon chemin aventureux, chose étrange, les souvenirs de la « Villa Neuve » hantent de plus en plus ma mémoire… les bons comme les mauvais…(…)
Depuis que j’ai quitté pour toujours cette maison où tout s’est éteint, où tout était mort avant de tomber définitivement en ruines, ma vie n’est plus qu’un rêve, rapide, fulgurant, à travers des pays disparates, sous différents noms, sous différents aspects.
Et je sais bien que cet hiver plus calme que je passe ici n’est qu’un arrêt dans cette existence-là, qui doit rester la mienne jusqu’au bout.
Après, dans peu de jours, la vraie vie, errante et incohérente, reprendra. Où ? Comment ? Dieu le sait ! Je ne puis même plus oser faire des suppositions et des hypothèses là-dessus après que, au moment où je prenais la résolution de rester encore des mois et des mois à Paris, je me suis trouvée à Cagliari, dans ce coin perdu du monde, auquel je n’ai jamais pensé, pas plus qu’à n’importe quel autre recueilli par mon œil distrait sur la carte du monde habité.
Après cela, finies les suppositions et les hypothèses.
Il y a cependant une chose qui me réjouit : à mesure que je m’éloigne des limbes du passé, mon caractère se forme et s’affirme justement tel que je le souhaitais. Ce qui se développe en moi, c’est l’énergie la plus opiniâtre, la plus invincible et la droiture du cœur, deux qualités que j’estime plus que toute autre, et, hélas, si rares chez une femme. (…)
Heureusement que toute ma vie passée, toute mon adolescence ont contribué à me faire comprendre que le tranquille bonheur n’est point fait pour moi, que, solitaire parmi les hommes, je suis destinée à une lutte acharnée contre eux, que je suis, si l’ont veut, le bouc émissaire de toute l’iniquité et de toutes les infortunes qui ont précipité à leur perte ces trois êtres : Maman, Wladimir et Vava.
Et maintenant, je suis entrée dans mon rôle. Je l’aime plus que tout bonheur égoïste, je lui sacrifierai tout ce qui m’est cher. Ce but-là sera toujours mon point de direction dans la vie.
J’ai renoncé à avoir un coin à moi, en ce monde, un home, un foyer, la paix, la fortune. J’ai revêtu la livrée, parfois bien lourde, du vagabond et du sans-patrie. J’ai renoncé au bonheur de rentrer chez soi, de trouver des êtres chers, le repos et la sécurité.
Pour le moment, j’ai l’illusion, en ce provisoire foyer de Cagliari où je me retrouve avec une douce sensation, de voir un être que j’aime bien réellement, et dont la présence m’est insensiblement devenue une des conditions de bien-être… Seulement, ce rêve-là, aussi, il sera court : après, il faudra, pour des pérégrinations dures et périlleuses, redevenir seule et abandonner la somnolente quiétude de la vie à deux.
Mais cela doit être, et cela sera. Et il y a au moins, dans la nuit d’une telle vie, la consolation de savoir que, ne fût-ce qu’au retour, je trouverai peut-être encore un ami, un être vivant qui sera heureux de me revoir… ou tout au moins content."








"Encore dans les grisailles du temps présent, encore un rêve, encore une ivresse nouvelle...
Quelle en sera la durée ?
Quand en sonnera le glas ?
Quel en sera le lendemain ?
Cependant le souvenir de ces quelques jours meilleurs et plus vivants me demeurera à jamais cher, car voilà encore quelques intants arrachés à la désespérante banalité de la vie, quelques heures de sauvées du néant."

http://diptyquescrossing.blogspot.gr/2011_10_03_archive.html