Σάββατο, 3 Μαρτίου 2012

Une autre naissance --- Forough Farrokhzad ( فروغ فرخزاد )









Une autre naissance

Tout mon être nest qu'un verset
Qui se répète en lui même
Qui te portera à l'aube des éclosions
Et des floraisons éternelles.
Je t'ai soupiré,
Je t'ai uni avec l'arbre, l'eau et le feu,

Dans ce verset.

La vie est peut être
Une longue avenue où
chaque jour une femme passe
portant un panier.

La vie est peut être
Une corde avec laquelle
un homme se pend
à une branche.

La vie est peut être
Un enfant qui revient de l'école.
La vie est peut être
Le temps d'une cigarette
Pendant cet engourdissement
Entre deux actes d'amour.

La vie est peut être
Le regard ébahi d'un homme
Qui soulève son chapeau pour
Saluer un autre passant, Avec un sourire impersonnel.
La vie est peut être
Cet instant rétréci
Quand mon regard se brise dans tes pupilles.

Et dans cela il y a une sensation
Que je confonds avec ma connaissance de la Lune
Et ma perception de l'ombre.

Dans une chambre aussi grande que la solitude
Mon coeur, grand comme l'amour,
Regarde les prétextes simples de son bonheur,
La beauté des fleurs fanées dans un vase,
Les pousses tendres que tu plantas dans notre jardin


Mon coeur, grand comme l'amour
Ecoute le chant des canaris
S'envolant dans l'espace d'une fenêtre.

Hélas
C'est mon sort
C'est mon sort,
Mon sort.
Un ciel que voile un rideau tombant.
Mon destin: descendre un escalier abandonné

Aboutir à quelque chose de sordide et d'étrange.
Mon destin: une promenade triste
Dans un jardin de souvenirs,
Expier, dans la tristesse d'une voix qui me dit

"J'aime tes mains"!

Je planterai mes mains dans le jardin
Je pousserai, je le sais, je le sais, je le sais...
Et les hirondelles pondront
Dans le creux violacé de mes doigts.

A mes oreilles je pendrai des boucles
Faites de cerises jumelles
Et je collerai sur mes ongles des pétales de dahlias.

Il existe une rue où les garçons
Qui me faisaient la cour,
Cheveux emmêlés, cous maigres, jambes fébriles,
Pensent encore à une fillette
Emportée une nuit par le vent.
Il existe une rue que mon cecur
A dérobée aux quartiers de mon enfance.

Le voyage d'une forme, le long de la ligne du temps,
Image consciente revenant du festin des miroirs,
Donne vie à cette ligne asséchée.

C'est ainsi que l'un meurt
Et que l'autre reste.

Aucun pêcheur ne peut trouver de perles
Dans un caniveau
Quand il se perd dans un gouffre.

Je connais une petite fée triste
Qui demeure dans un océan.
Elle chante doucement son coeur dans une petite flûte.
Une petite fée triste
Qui meurt la nuit dans un baiser
Et renaît à l'aube dans un baiser.


Texte francais de Parviz Abolghassemi - 2001   Forough Farrokhzad.org