Δευτέρα, 25 Μαρτίου 2013

"L'Enfant " Victor Hugo - (Les Orientales)








Victor Hugo on the Massacre of Chios (1822)

http://en.wikipedia.org/wiki/Chios_Massacre

 http://www.ellopos.com/blog/?p=1328


The poem is called “L’ Enfant” and is included in Hugo’s “Les Orientales”, a series of poems inspired by the Greek War of Independence, first published in January 1829.

Of the forty-one poems of this collection, thirty-six were written during 1828, one of them being “L’ Enfant”. They offer a series of highly coloured tableaux depicting scenes from the eastern Mediterranean — in particular, scenes which would set off the contrast between the freedom-loving Greeks and the tyrannical Ottoman Turks.

The general theme of the poems is a celebration of liberty, linking the Ancient Greeks with the modern world, freedom in politics with freedom in art.

France was aroused by the Greek War of Independence. French people, especially after the massacre of Chios, sided with the Greeks, forcing the French government to stop supporting the Turks.


Victor Hugo, L’ Enfant – from “Les Orientales” (1828)

Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l’île des vins, n’est plus qu’un sombre écueil,
Chio, qu’ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
Un choeur dansant de jeunes filles.

Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée ;
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée.

Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l’onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tète blonde,

Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n’ont pas subi l’affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?

Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d’avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d’Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu’un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?

Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l’oiseau merveilleux ?
- Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.